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Ciel étoilé
 

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puce ELLE (le 14/11/2007 à 11h55)

 

ELLE

 

 

                                                           

 

 

Elle glisse sur un sol luisant, elle ne touche pas le sol où du moins le croit-elle. Ses cheveux longs ont la couleur des épis de blé miroitant sous la vibration de la chaleur de l’été. Elle, si simplement habillée et pourtant à l’allure de reine, enveloppe dans son sillage toutes les merveilles que son regard d’ambre verte transporte.

 

Tellement magnifique qu’elle en ait magique et pourtant, pourtant….

 

Elle heurte son cœur contre les murs et les portes fermées de son corps mais dans le monde qui l’entoure elle va…

 

                                                           

 

Qui saurait ce qu’elle pense, elle sourit et c’est le jour qui illumine le ciel, elle parle et ses mots sont la douceur personnifiée, pourtant au fond d’elle des larmes de sang inondent son antre.

 

C’est l’art du paraître qu’elle a acquit par habitude, l’apparence du bonheur, elle est si convaincante qu’elle-même finit par s’y laisser prendre...

 

Qui est-elle ? C’est vous, c’est moi…

                                                     

Elle a vu le soleil de près, elle a laissé le nectar des dieux l’envahir et transformer son être en explosion de lumière. Elle a connu le bonheur au plus profond d’elle-même, si bien qu’elle ne pouvait presque plus en respirer tant elle aimait passionnément, mais aujourd’hui elle glisse sans ne plus rien ressentir de l’extérieur, sa douleur est infinie.

 

                        

 

                           

 

Comment est-ce possible ?

 

Elle a un regard si transparent qu’on jurerait qu’elle va bien, elle est si désespérée que plus rien ne se voit.

 

                                                                

 

                                                         

 

Il lui avait écrit des phrases étourdissantes de beauté et d’amour, il lui avait fait croire qu’elle était l’Unique, le symbole même de sa vie à lui et avant même de le voir, elle l’aimait déjà.

 

Il avait gravé dans ses mots la rosée de la fleur matinale et caressé chaque syllabe comme un ciseleur de diamant, noyée de ses pleurs dans ses mains, pour elle maintenant il ne reste plus rien et elle ressent comme une amputation de la partie la plus sensible de son être.

 

 

Mais la vie continue et si un visage passe devant ses yeux, elle est au-delà des larmes, elle rêve et traverse l’existence comme elle marche, elle glisse sur le sol, presque dirait-on qu’elle vole, pourtant elle est à l’agonie et cherche partout une raison de vivre, mais elle ne trouve rien du tout, elle est vide depuis Lui.

                                                       

Il avait une voix que l’on ne peut oublier surtout lorsqu’il lui disait «  je t’aime ». C’est si banal que cela pourrait en être ridicule mais pour elle c’était les plus belles paroles que jamais elle avait entendues.

 

 Il avait une façon de prononcer ces mots qu’ il semblait réinventer l’amour, juste pour elle. Parce qu’il disait qu’elle était belle, elle était devenue éblouissante.

 

 

 

Maître-magicien, il la transformait en lui écrivant, en lui parlant et il mettait le feu à son cœur en la touchant. Elle se faisait déesse pour lui, elle devenait l’univers tout entier sous ses doigts, elle en aurait crié de tellement l’aimer, de tant le désirer, jamais, jamais elle n’oublierait et elle savait que même sa mort ne pourrait l’apaiser.

 

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Elle aurait pu le haïr mais elle n’y arrivait pas. L’aime-t-elle encore ? Le problème n’est plus là, elle est devenue le phénix qui se consume seul et en renaissant de ses cendres elle reprend la souffrance là où un instant elle l’avait laissée.

 

Si seulement elle réussissait à ne plus se souvenir. Là debout, les mains jointes, qui ne la prendrait pas en pitié, elle est la vierge violée, la vierge abusée, la vierge trompée. Elle ne dort plus qu’en agonisant, en hurlant d’un silence obligé.

 

                                                        

 

 Sans rien dire elle s’arrache chaque jour le cœur en se rappelant une odeur, son parfum, un mouvement, un effleurement, un mot, une intonation, un soupir, c’est si affreux que les pires cauchemars n’arrivent pas à détrôner ce manque de lui.

                                                        

Elle se souvient de son univers transformé, de tout ce qu’elle avait redécouvert avec lui, simplement en lui tenant la main. Les rues étaient d’une autre couleur, les gens qu’ils croisaient avaient une autre dimension, les maisons avaient des visages radieux.

 

Elle n’était pas heureuse, elle était le bonheur et ses yeux dans les siens…

 

 

 

Oui, elle est au-delà des larmes maintenant, les images passées sont des armes bien aiguisées, des lames tranchantes, elle est mise à vif, écartelée, déchiquetée, déchirée, atrocement mutilée. Il n’est plus là, il ne la regardait déjà plus, il l’ignorait et c’est ce dernier point qui elle, la réduisait au délire d’une démence de destruction intense.

 

 

Mais Elle, son apparence se faisait sérénité, sa voix se disait tranquille alors que sa douleur explosait comme le volcan au plus fort de sa rage, crachant une lave en ruisseau rouge sang et traversant un paysage désolé noir de fumée et hurlant de grondements éclatants.

 

 

 

Il n’était plus là, elle n’y voyait plus, n’entendait plus. Le murmure du vent pouvait devenir tonnerre elle était au pays des sourds, la beauté des vallons de verdure resplendissant n’atteignait pas son œil, aveugle elle était devenue, les  paroles des poètes en rien ne la touchait, son insensibilité était totale puisqu’il n’était plus avec elle.

 

Tant elle l’aimait que du paradis elle était tombée en enfer.

 

 

Comment oublier la certitude de sa présence éternelle avec elle, comment ne pas se souvenir de la clarté de son sourire quand il la regardait, comment ne pas revoir l’image de leurs deux corps unis dans un même élan de passion adorée.

 

Elle et Lui  déambulant dans les rues, âmes soudées refusant le néant du temps qui dévore tout, pour s’ouvrir à la joie de l’éternel présent.

 

Il tendait la main, elle était déjà dans ses bras, il la serrait contre lui, elle gagnait le sommet de l’Olympe. Elle se donnait à lui sans retenue, sans pudeur, elle était la plus sensuelle des femmes, Aphrodite revenue.

 

 

                                                              

 

Pauvre femme au courage surhumain qui réussit aujourd’hui à faire semblant d’être alors qu’elle n’est qu’un simulacre de vie. Comment lorsqu’on a goûté à l’accord parfait des esprits et des corps peut-on subitement accepter de se trouver ainsi rejetée au rang d’une simple mortelle de souffrance anéantie.

 

Perdue en marchant elle errait, en errant elle songeait en songeant elle réactivait sans cesse sa douleur.

 

 

Elle avait devant les yeux des couleurs turquoises et roses, des jaunes d’or et des oranges bleutés, il était son arc en plein son ciel à elle. Il était son autre rivage, sa renaissance, la pureté de ses espoirs.

 

Son simple contact l’avait faite femme et d’enfant elle était devenue reine, mais en ce jour désormais qu’était-elle ?

 

 

 

 

 

 Carine

 

                                                      

 

                                                                       

  

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