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La faute d’orthographe qui pleure...
Sur la feuille blanche, l’écriture se répand comme des diamants scintillants !!! Les mots sont beaux et le style gracieux. L’esprit qui a écrit cela a un don pour émouvoir, beaucoup d’imagination et de sensibilité… Mais, il sait mal l’orthographe…
Cependant qu’est cela ? Ces traits rouges? Et cette page blanche et bleue, comme une fleur tachée de sang.
C’est une déchirure, une blessure. On entend des murmures venant de la page, qu’est ce ?
C’est moi ce « s » de trop, c’est moi le « t », c’est moi le mot rayé, cela m’a fait mal, lorsque le stylo rouge m’a tué, d’un coup, je n’avais rien fait qu’exister. J’étais dans une si belle histoire d’amour et l’on m’a lapidé et je saigne maintenant !
Et moi ? Qui m’a mutilé ainsi ? J’avais « ent » en moi, on l’a rayé. Qu’est-ce que cela peut bien faire, si nous ne sommes pas comme les autres. Leurs lois d’orthographe nous n’avons rien à en faire.
Notre cher auteur a écrit quelque chose de magique et plein d’Amour, que viennent faire là dedans ce mal propre dictat de la faute ?
La faute est à ceux qui détruisent ainsi l’âme d’un texte, ceux-là ne connaissent pas, ne connaissent rien à sa vraie valeur.
Honte à ceux qui veulent tout faire marcher selon leurs lois.
Ils m’ont blessé à mort et notre auteur, celui qui nous a enfanté en pleure, regardez le.
Tous les mots pleurent aussi et au sang mélangé la page s’amollit en un chiffon détrempé.
Qu’importe n’est-ce pas ? Celui ou celle qui a fait cela ?
Les meurtriers ne nous ont pas lues, ils nous ont regardées et condamnées à mort !!
Au nom d’une rigueur d’un autre âge, ils nous ont jugé, aveuglément et sans appel.
Peu leur importait cette magnifique histoire, il leur fallait détruire ce palais des merveilles pour faire respecter l’orthographe, mais l’orthographe ne gênait en rien la compréhension de ce merveilleux texte.
Voilà comment elle ou il a servit à détruire une inspiration, une grandeur de l’âme car ils sont de la secte : « tous contre les fautes d’orthographe ».
Alors moi, le paria, la honte de l’humanité, je pleure. Moi pauvre petite faute d’orthographe, je demande que l’on reconnaisse ma différence et que l’on m’accepte. Seul le sens du texte compte et j’ai les droits de l’Amour, tous me poursuivent ils ont tort,
Mais ce soir, ils ont encore frappé, ils ont encore tué, caché derrière leurs préjugés et leur épaisses lunettes, Ils s’en sont donnés à cœur joie.
Ce soir, ils ont encore gagné…
Alors, dans une tristesse infinie, j’ai regardé celui ou celle qui nous a enfanté, lui était éberlué, elle était triste à mourir ils ne comprenaient plus. Il n’y avait plus de sens, d’harmonie, tout s’effondrait en eux, comme un château de cartes. Eux qui avaient mis tant de candeur, tant d’amour, espérant toucher l’âme de celui ou celle qui les lirait, ne savaient plus…
Et ils se sont mis à pleurer.
Les autres, fiers du devoir accomplis, écrasés par leur rectitude, venaient d’enterrer avec satisfaction, un talent, qu’on devinait et une liberté qu’on savourait déjà.
Un jour eux aussi seront une faute, mais celle là ne pleurera pas et il faudra la corriger.
Carine
(Prof de français qui a contracté auprès des ses élèves, ce que bientôt on ne considèrera plus comme une maladie, mais une autre forme de la liberté d’expression.)

Merci Lady Lucie
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